Ce que votre tapis ne vous dit pas

Ce que votre tapis ne vous dit pas

Sur ce qu'on lit sur l'étiquette, sur ce qui n'y figure jamais, et sur ce qui se passe le jour où on s'en débarrasse.

Par Sylvain Maronneau, co-fondateur de MAHOLA (UNITTE EUROPE SAS), fabricant de tapis de yoga en coton biologique tissés à la main au Tamil Nadu. Publié le 2 octobre 2026 · Dernière mise à jour le 2 octobre 2026 · Sources vérifiées entre le 28 août et le 2 octobre 2026.


Chaque matin, le même geste. On attrape le tapis, on le pose au sol, on le déroule. Trois secondes, sans y penser. Puis on respire dessus pendant une heure, le visage à quelques centimètres de la matière.

Je fabrique et je vends des tapis. J'en tiens dans les mains toute l'année, je pratique dessus, et je passe pas mal de temps à répondre à des gens qui me demandent ce qu'il y a dedans. À force, j'ai eu envie d'aller voir sérieusement : les études que les marques citent, les textes réglementaires, les rares analyses de laboratoire qui existent.

Je préviens tout de suite : je n'en suis pas revenu avec une réponse propre. Ni coupable, ni matière parfaite. Surtout des questions qui méritent d'être posées, et un endroit précis où on peut agir sans se raconter d'histoires.

Ce n'est pas un réquisitoire. C'est ce que j'ai trouvé, et ce que j'en fais.


L'essentiel, en dix faits vérifiables

  1. Sur onze tapis de yoga analysés par le laboratoire Healthy Stuff de l'Ecology Center en août 2019, trois étaient majoritairement en PVC et un seul l'indiquait sur son étiquette.
  2. La mention « PER » (Polymer Environmental Resin) désigne du PVC. Dans ces mêmes tests, un tapis vendu comme « jute biologique et PER » était une couche de jute posée sur un corps en PVC.
  3. La mention « TPE » ne désigne aucune composition précise : c'est une famille entière d'élastomères. Le tapis étiqueté « TPE » dans ces tests était en réalité du copolymère EVA.
  4. Depuis le 7 juillet 2020, l'annexe XVII du règlement REACH, modifiée par le règlement (UE) 2018/2005, limite le DEHP, le DBP, le BBP et le DIBP à 0,1 % de la masse du matériau plastifié dans tout article en contact prolongé avec la peau — un tapis de yoga inclus.
  5. Jo, Lee, Kim et Kumar (Environmental Research, 2018) ont mesuré qu'à 40 °C, la concentration totale de phtalates dans l'air passe d'environ 0,2 à environ 1 partie par milliard au contact de produits en PVC. Les auteurs qualifient eux-mêmes cette hausse de modérée.
  6. En France, un tapis de yoga relève de la filière REP « Articles de Sport et de Loisirs » depuis le 31 janvier 2022, éco-organisme Ecologic. Données ADEME 2024 : 115 000 tonnes mises sur le marché, 15 000 tonnes collectées, soit environ 13 %.
  7. Collecter n'est pas recycler. Pour les pneus — la filière caoutchouc la mieux organisée au monde — l'objectif réglementaire français (arrêté du 27 juin 2023) est de 40 % de recyclage matière en 2024, 42 % en 2028, et 5 % de boucle fermée en 2028.
  8. Le recyclage textile fibre à fibre représente moins de mille tonnes par an en Europe, toutes matières confondues (Refashion, mars 2025).
  9. En France, il est interdit depuis le 1er janvier 2022 d'écrire « biodégradable » ou « respectueux de l'environnement » sur un produit ou son emballage — article L541-9-1 du code de l'environnement, issu de la loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020. Sans dérogation, même avec certification.
  10. Prolonger de neuf mois la vie active d'un vêtement réduit ses empreintes carbone, eau et déchets de 20 à 30 % chacune (WRAP, Valuing Our Clothes, 2012). C'est le facteur le mieux documenté de tout ce dossier, devant le choix de la matière.

Onze tapis sur une paillasse

En août 2019, le laboratoire Healthy Stuff de l'Ecology Center — une organisation américaine à but non lucratif créée en 1970 — a publié l'analyse de onze tapis de yoga achetés dans le commerce, passés en spectrométrie de fluorescence X et en infrarouge.

Trois des onze tapis étaient majoritairement en PVC. Un seul l'indiquait sur son étiquette.

Prenons ce chiffre pour ce qu'il vaut : ce n'est pas une publication à comité de lecture, et onze tapis achetés sur le marché américain ne font pas un échantillon représentatif. Mais les méthodes sont publiques et détaillées, et l'organisme existe depuis 1970.

Et remarquez surtout ceci : ce résultat ne parle pas de toxicité. Il parle d'une chose beaucoup plus simple. On ne sait pas ce qu'on achète.


Le petit décodeur des mots rassurants

« PER », parfois développé en Polymer Environmental Resin. Le mot contient « environmental », la fiche produit parle de matériau respectueux et biodégradable. Le PER est du PVC. Dans les tests de 2019, un tapis vendu comme « jute biologique et PER » s'est révélé être une couche de jute tissé posée sur un corps en PVC.

« TPE », le mot le plus rassurant du marché. Le problème, c'est qu'il ne désigne aucune composition précise : c'est une famille entière d'élastomères thermoplastiques, très différents les uns des autres. Le tapis étiqueté « TPE » dans les tests était en réalité du copolymère EVA. Ce n'est ni bien ni mal. C'est simplement que l'étiquette ne dit rien.

« Recyclé », et là j'ai posé mon café. Sur les onze tapis testés, le seul dans lequel des ortho-phtalates ont effectivement été détectés était fabriqué à partir de combinaisons de plongée recyclées — le plus explicitement écologique du panel. Le mot « recyclé » décrit l'origine d'une matière. Il ne dit rien de ce qu'elle contient.

Le pictogramme « Cancer and Reproductive Harm », issu de la Proposition 65 californienne, qu'on brandit volontiers comme une preuve. Il n'indique ni la substance concernée, ni la voie d'exposition, ni le niveau de risque, et aucun seuil minimal ne déclenche son apposition. Un signal qui ne distingue rien n'est pas un signal.

Aucun des onze tapis, enfin, ne listait les additifs présents dans son polymère. Ce n'est pas une accusation : personne ne le fait. C'est l'état du marché.


Mais le plus grand angle mort est ailleurs

Tout ce qui précède parle du tapis pendant qu'on s'en sert. C'est la partie visible, celle dont tout le monde débat.

Puis j'ai cherché ce que devient un tapis après. Et j'ai compris que la vraie question était de ce côté-là. Nettement moins confortable, y compris pour nous.

Il n'existe aucune filière de recyclage dédiée aux tapis de yoga

Ni en France, ni en Europe, quelle que soit la matière. Les raisons sont mécaniques plus qu'idéologiques : les centres de tri sont dimensionnés pour les plastiques rigides d'emballage, et une matière souple de grand format s'enroule dans les rotors. Les tapis dits premium sont souvent des multicouches — une base caoutchouc, une surface polyuréthane pour le grip — et un composite collé ne se sépare pas. Refashion classe par ailleurs la souillure, l'humidité et les odeurs parmi les perturbateurs du recyclage mécanique textile : personne ne l'a mesuré sur un tapis, mais la logique est la même.

Votre tapis relève pourtant déjà d'une filière. De collecte

C'est le fait le plus concret que j'ai trouvé, et presque personne ne le sait.

Depuis le 31 janvier 2022, la filière REP « Articles de Sport et de Loisirs », pilotée par l'éco-organisme Ecologic, couvre les tapis de sol. Le barème 2026 les liste nommément — catégorie « Fitness, pilates, yoga, stretching », éco-contribution de 0,363 € HT par unité. Vous payez déjà pour la fin de vie de votre tapis, et il existe des points de collecte : déchèteries, reprise en magasin, réseau de l'économie sociale et solidaire.

Les chiffres 2024 de la filière, publiés par l'ADEME : 115 000 tonnes mises sur le marché, 15 000 tonnes collectées. Environ 13 %, quand l'objectif fixé pour 2024 à la catégorie dont relèvent les tapis est de 20 % — et de 35 % en 2027.

Et collecter n'est pas recycler

C'est la leçon que j'ai trouvée la plus utile, et elle vient d'ailleurs : de la filière pneus, la mieux organisée au monde pour le caoutchouc.

En France, en 2024, toujours selon l'ADEME : 591 000 tonnes de pneus mises sur le marché, 583 000 tonnes collectées — soit près de 99 %, au-delà de l'objectif réglementaire de 96 % fixé pour l'année par l'arrêté du 27 juin 2023. Un éco-organisme dédié, une obligation réglementaire, un produit standardisé. Le meilleur cas de figure imaginable.

Et pourtant, l'objectif réglementaire de recyclage matière n'est que de 40 % en 2024 et 42 % en 2028. Celui de la boucle fermée — refaire un pneu avec un pneu — est fixé à 5 % en 2028. Le reste part pour l'essentiel en valorisation énergétique ou en granulats pour terrains de sport : du downcycling.

Si la filière la mieux dotée de la planète en est là, gardons-nous d'imaginer qu'un tapis de yoga déposé en déchèterie redevient un tapis de yoga.

Et pour être juste, le même raisonnement s'applique à notre matière. En Europe, le recyclage textile fibre à fibre — celui qui refait un fil avec un fil — représente moins de mille tonnes par an, toutes matières et tous produits confondus, selon l'éco-organisme Refashion dans son rapport de mars 2025. Le reste du gisement collecté part en chiffons d'essuyage et en non-tissés d'isolation : du downcycling, là aussi. Et une fibre recyclée dépasse rarement 30 à 40 % d'incorporation dans un fil neuf, au-delà les propriétés mécaniques lâchent. Le coton n'échappe à rien.

Et les marques qui reprennent les tapis ?

Elles existent, et j'ai regardé ce qu'elles font vraiment. Manduka a lancé fin 2024 un programme de reprise avec un partenaire de recyclage : étiquette prépayée, démontage, matière réorientée vers des surfaces de jeux, des pièces automobiles, des matériaux de construction. Chez Lululemon, le programme de reprise et de revente existe — mais les tapis de yoga en sont explicitement exclus. TerraCycle propose une boîte de collecte pour articles de sport, entre 142 et 290 dollars, payée par celui qui s'en sert. D'autres plantent des arbres, ce qui est très bien et n'a rien à voir avec le devenir d'un tapis.

Trois constats, et aucun n'est un procès. Dans tous les cas documentés, il s'agit de downcycling ou de revente d'occasion — jamais d'un tapis qui redevient un tapis. Les volumes annoncés se comptent en milliers d'unités, face à un marché mondial en millions. Et le plus gênant : tous ces chiffres sont auto-déclarés par la marque ou son prestataire. Personne n'est allé vérifier de l'extérieur où finissent réellement ces tapis.

Alors la question m'est revenue en pleine figure : et nous ? Nous n'avons pas encore de programme de reprise. C'est en travail, et je préfère l'écrire ici plutôt que d'attendre d'avoir quelque chose de joli à annoncer. Une marque qui pose la question aux autres se la doit à elle-même.


Le sujet dont personne ne parle : le latex

J'ai un vrai respect pour les tapis en caoutchouc naturel. Le discours qui les accompagne est souvent sincère. Mais il y a une question à laquelle je n'ai jamais vu de réponse : que devient un tapis en latex coulé, une fois qu'on le jette ?

Voici ce que dit la littérature.

La vulcanisation n'est pas réversible proprement. Les ponts soufre qui donnent au caoutchouc sa résistance sont précisément ce qui le rend difficile à retraiter. La dévulcanisation industrielle existe — l'extrusion bi-vis atteint des taux de régénération de l'ordre de 90 % — mais elle dégrade le poids moléculaire du polymère. Le caoutchouc régénéré n'est jamais réincorporé pur : il est dilué dans du caoutchouc vierge.

« Naturel » ne veut pas dire « se dégrade ». Le polyisoprène non vulcanisé est bien biodégradable ; des bactéries savent en cliver les chaînes. Mais dès qu'on le vulcanise et qu'on le charge, tout change. Une étude publiée en 1990 dans le Journal of Applied Polymer Science le montre sans ambiguïté : plus la teneur en soufre ou en accélérateur est élevée, moins il y a de perte de masse sous attaque microbienne ; le noir de carbone rend le matériau plus résistant encore. C'est la formulation qui décide de la vitesse de dégradation, pas l'origine de la matière. (L'âge d'une étude ne la disqualifie pas en soi : un mécanisme physico-chimique ne se périme pas, contrairement à la photographie d'un milieu industriel — j'y reviens plus bas.)

Et la plupart des tapis latex haut de gamme portent une couche de finition en polyuréthane ou en microfibre. Le PU n'est ni recyclable ni biodégradable ; par la logique documentée sur les emballages multicouches, un tel assemblage disqualifie la valorisation matière du support. Personne ne l'a mesuré sur un tapis — c'est une déduction, je la donne comme telle.

Un tapis en latex vulcanisé n'est pas une feuille morte. C'est un composite. Je ne dis pas qu'il ne faut pas en fabriquer : je n'ai aucune donnée qui permettrait de le classer par rapport à autre chose. Je dis qu'on devrait cesser de laisser croire qu'il retourne à la terre, et que celui qui le vend devrait pouvoir dire ce qu'il devient.

Une affaire, sur un autre plan, dit quelque chose de la même illusion. En septembre 2022, le Center for Environmental Health a déposé une notice au titre de la Proposition 65 californienne contre Lululemon, après avoir détecté de la NDMA — une nitrosamine cancérogène — à plus de 1 600 fois le seuil journalier de référence californien dans l'un de ses tapis. Un accord judiciaire annoncé le 14 mars 2024 a imposé le retrait de cette substance.

Trois précisions honnêtes, parce qu'elles comptent. Ce seuil est un plafond réglementaire délibérément ultra-conservateur : « 1 600 fois le seuil » ne signifie pas « 1 600 fois une dose dangereuse ». Ces mesures n'ont pas été publiées en revue à comité de lecture. Et un accord de ce type exclut par construction toute reconnaissance de responsabilité.

Ce qui m'intéresse est ailleurs. La NDMA est un sous-produit de vulcanisation du latex. Le tapis en cause était en caoutchouc naturel, c'est-à-dire dans le matériau qu'on vend habituellement comme l'alternative saine au plastique.

Sur un autre terrain, sans rapport avec les tapis, la même marque a reçu le 13 avril 2026 une demande d'enquête civile du procureur général du Texas portant sur la présence éventuelle de PFAS dans ses vêtements. Elle affirme avoir cessé tout ajout intentionnel en 2023. Aucun manquement n'est établi à ce stade : c'est un acte d'instruction, pas un jugement, et il faut le dire comme tel.

Ces deux affaires ne racontent pas ce qu'on leur fait dire. Elles ne disent pas que le synthétique est dangereux et le naturel sûr. Elles disent que le mot « naturel », tout seul, ne protège de rien — et qu'aucune marque, y compris la mienne, n'est dispensée de vérifier ce qu'elle affirme.

Et maintenant, la partie qui me concerne

Je ne peux pas écrire tout ce qui précède sans vous dire ceci.

Au dos de nos tapis, il y a du latex. Une couche très fine, passée au pinceau, qui représente moins de 1 % de la masse du tapis. Elle sert à une seule chose : empêcher le tapis de glisser sur le sol. Sans elle, le tapis serait entièrement en coton — et inutilisable.

Ce n'est pas un tapis en latex : c'est un tissage de coton avec un film au dos. La différence est réelle, en masse comme en usage. Mais ce serait un peu facile de consacrer une section entière au latex des autres et de passer la nôtre sous silence.

Alors je suis allé chercher ce qu'il y a dedans, exactement. Voici ce que j'ai trouvé.

C'est du latex naturel centrifugé à 60 %, de type HA, acheté chez un transformateur du Tamil Nadu qui nous fournit un certificat d'analyse par lot. HA, c'est une classification de la norme ISO 2004, et elle se joue sur un seul chiffre : le taux d'ammoniaque. Au-dessus de 0,60 %, le latex est conservé à l'ammoniaque seule. En dessous de 0,29 %, il faut un conservateur chimique en plus — et le plus courant de tous est justement le TMTD, qui est le principal générateur de NDMA. Notre dernier lot est à 0,78 %. Il n'y a donc pas de TMTD dedans.

Et l'atelier n'ajoute rien. Le latex est appliqué tel qu'il sort du fût, au pinceau, sur le coton humidifié à l'eau tiède, puis séché à l'air. Pas de soufre, pas d'accélérateur, pas de charge. Ce qui veut dire que notre couche n'est pas vulcanisée — et c'est important, parce que les nitrosamines dont je parlais plus haut ne viennent pas du caoutchouc : elles viennent des accélérateurs de vulcanisation et de certains conservateurs. Sans vulcanisation et sans conservateur secondaire, il n'y a pas de voie de formation.

Je veux être précis sur ce que vaut cette affirmation : elle repose sur le certificat d'analyse du fournisseur et sur la déclaration de notre atelier. Ce n'est pas une analyse de laboratoire faite sur un tapis fini. C'est solide, c'est documenté, c'est traçable au numéro de lot — et ce n'est pas la même chose qu'un essai. Je préfère le dire plutôt que de laisser croire autre chose.

Cela explique aussi pourquoi cette couche s'use. Un film vulcanisé durerait beaucoup plus longtemps. Il serait aussi quasiment indégradable, et c'est précisément le reproche que je faisais aux tapis en latex coulé. Nous avons l'inconvénient de l'autre choix : il faut recharger. On le fait soi-même, chez soi, sans nous renvoyer le tapis. Séparer ce qui s'use de ce qui dure est un principe d'écoconception ancien, le même que le ressemelage d'une chaussure. Aucun label ni indice réglementaire ne le valorise aujourd'hui sur un textile : je ne peux pas vous produire une note, seulement l'explication du choix.

Sur la dégradation, la littérature est plutôt de notre côté. Une étude publiée dans Polymers en 2024 compare du caoutchouc naturel brut, du latex non vulcanisé et du latex vulcanisé : les deux premiers se dégradent en sol à des vitesses comparables, 54 à 59 % en un an en conditions favorables, tandis qu'un latex fortement chargé en agents de vulcanisation plafonne nettement plus bas. Notre couche est dans la première catégorie. Cela dit, ce sont des conditions de laboratoire, pas un compost de jardin, et ce n'est pas de la compostabilité — je n'emploierai pas ce mot.

Il reste que cette couche complique le recyclage. Un textile enduit se recycle moins bien qu'un textile nu, et les organismes de la filière classent les enductions parmi les éléments perturbateurs. La nôtre est en surface et se pèle, mais je n'ai aucun essai qui prouve qu'un centre de tri saurait la retirer.

Et une chose ne change pas, quelle que soit la formulation. Le latex naturel contient des protéines d'hévéa qui provoquent des allergies immédiates chez certaines personnes, et ces protéines subsistent dans le produit fini. Notre couche est au dos, séparée de la peau par le tissage, et le risque de contact direct est faible. Mais il n'existe aucun seuil en dessous duquel une réaction est exclue, et aucune étude ne porte sur les tapis de yoga. Si vous êtes allergique au latex, ce tapis n'est pas pour vous. Je ne prendrai pas ce risque à votre place.


Les microplastiques, à leur juste place

C'est le sujet où il est le plus tentant de faire peur, alors je vais essayer d'être précis.

Ce qui est établi : des micro et nanoplastiques ont été détectés dans le sang, le placenta, les poumons, le lait maternel et les plaques d'athérome humains. Les études existent, elles sont sérieuses, et elles sont récentes.

Ce qui ne l'est pas : le lien entre cette présence et une maladie. L'OMS évaluait en 2019 le risque lié à l'eau potable comme faible. L'avis scientifique complet de l'EFSA n'est attendu que fin 2027 — ce qui en dit long sur la maturité du sujet. Plusieurs études très médiatisées ont été contestées par leurs pairs sur un point technique sérieux : la contamination des échantillons en laboratoire.

Deux chiffres circulent partout, et je ne les emploierai pas. Celui de « la carte de crédit de plastique avalée chaque semaine » vient d'une extrapolation de 2019, démontée depuis dans une revue scientifique qui y relève des erreurs sévères ; un calcul alternatif publié aboutit à un résultat un million de fois plus faible. Celui de « la cuillère à café de plastique dans le cerveau » a fait l'objet, en novembre 2025, d'une critique formelle signée par cinq laboratoires européens, reprochant à l'étude des contrôles de contamination insuffisants.

Et où se situe un tapis de yoga dans tout ça ? Honnêtement : très loin des premiers rangs. L'inventaire de référence européen — Eunomia & ICF, repris par l'étude d'impact de l'ECHA — attribue environ 63 % des microplastiques primaires à deux sources : le lavage des textiles synthétiques (~35 %) et l'abrasion des pneus (~28 %). L'inventaire mondial de l'UICN donne la même hiérarchie. Ni l'un ni l'autre ne fait figurer les tapis ou les sols souples comme catégorie identifiée. Et aucune étude publiée n'a jamais mesuré l'abrasion d'un tapis de yoga.

Et le nôtre, alors ? Il perd des fibres lui aussi — davantage, même : une étude mesure 617 mg par kilo et par lavage pour le coton, contre 225 pour le nylon. La différence est ailleurs : une fibre de coton est de la cellulose, pas un polymère synthétique. Ce n'est pas un microplastique, et elle se dégrade — tant qu'elle n'est ni enduite ni apprêtée. À noter au passage, parce que c'est contre-intuitif : dans l'air intérieur, environ deux tiers des fibres en suspension sont naturelles.

Alors non, votre tapis n'est pas en train d'empoisonner l'océan — et personne ne peut affirmer l'inverse, puisque personne ne l'a mesuré. C'est ça, le vrai sujet : on ne sait pas ce qu'un tapis émet, et on ne sait pas davantage le reprendre à la fin. Moins spectaculaire que la peur. Plus embêtant.


Cinq choses que je ne vous dirai pas

Il y a des arguments faciles, et j'aurais tout intérêt à m'en servir. Ils ne tiennent pas debout.

Je ne vous dirai pas que la peau absorbe tout ce qu'elle touche. C'est l'ouverture de presque tous les articles sur le sujet, et c'est faux. La couche cornée est une barrière — c'est son métier. C'est précisément parce qu'elle fonctionne bien que la plupart des médicaments ne peuvent pas être administrés par voie cutanée. Sur le DEHP, le phtalate le plus étudié, les travaux consacrés à la perméation mesurent un passage extrêmement faible.

Je ne vous dirai pas que la chaleur ouvre les pores. Les pores ne sont pas des valves. Ils ne s'ouvrent ni ne se ferment, et la voie qu'ils représentent est marginale dans la pénétration cutanée.

Je ne vous dirai pas que le PVC est cancérogène au contact. La référence qu'on brandit systématiquement date de 1983 et porte sur l'inhalation de chlorure de vinyle gazeux et de poussières de PVC en usine. Sa conclusion est un appel au contrôle des poussières en milieu industriel. Monomère et polymère ne sont pas la même substance. Le vrai sujet documenté du PVC est son cycle de vie — production, exposition des travailleurs, incinération, fin de vie. Pas le contact avec une paume de main.

Je ne vous dirai pas que votre tapis en PVC est plein de phtalates. En Europe, il ne peut pas l'être. Depuis juillet 2020, l'annexe XVII du règlement REACH limite le DEHP, le DBP, le BBP et le DIBP à 0,1 % de la masse du matériau plastifié, dans tout article en contact prolongé avec la peau — un tapis de yoga vendu dans l'Union entre exactement dans ce champ. Les tests de 2019 le confirment par un résultat que je ne cherchais pas : les trois tapis PVC analysés ne contenaient pas d'ortho-phtalates, mais du DOTP, un substitut. La question a donc changé de nature. Ce n'est plus « y a-t-il des phtalates », c'est « que sait-on des substituts ? » — et la réponse honnête est : moins de choses. Le DINP, le DIDP, le DINCH, le DOTP restent autorisés, avec des dossiers toxicologiques plus courts. Ce n'est ni rassurant ni inquiétant. C'est l'état réel du dossier.

Une seule étude à comité de lecture a d'ailleurs mesuré ce qu'un tapis émet réellement dans l'air (Jo et al., Environmental Research, 2018). Le chiffre qui circule — 75,7 microgrammes par mètre carré et par heure — a été obtenu à 90 °C, sur un protège-arête en PVC, pas sur un tapis : c'est un point de contrôle physico-chimique, pas une séance. À 40 °C, la température d'une salle de hot yoga, la concentration totale de phtalates dans l'air passe d'environ 0,2 à environ 1 partie par milliard — une hausse que les auteurs qualifient eux-mêmes de modérée. Interrogé sur ce que cela signifie pour la santé, le co-auteur a répondu : « We cannot tell that simply. » C'est, à ma connaissance, tout ce qu'on sait.

Et je ne vous dirai pas que le coton est innocent. J'y viens.


Notre part, sans arrangement

Si je demande de la transparence, je me la dois d'abord.

Le coton a un impact réel. Le chiffre des « 10 000 litres d'eau par kilo » qu'on cite partout est un haut de fourchette qui agrège l'irrigation, la pluie et l'eau de dilution des polluants — et 55,7 % du coton mondial pousse sans irrigation du tout, selon les données de l'International Cotton Advisory Committee. À l'inverse, le fameux « 25 % des insecticides mondiaux » date des années 1980 : les données récentes du même organisme donnent plutôt 10 % des insecticides et 5 % des pesticides. Ces deux corrections vont dans notre sens, alors autant les donner avec toutes leurs réserves : elles viennent en partie d'organismes de la filière cotonnière, qui n'est pas neutre — et elles mesurent des ventes en valeur, pas des volumes épandus ni une toxicité pondérée. La donnée d'usage réelle, personne ne la publie.

Le bio améliore les choses, sans les régler. Les gains publiés sont calculés par hectare, pas par kilo de fibre — or le rendement biologique est plus faible, ce qui resserre nettement les écarts. Le coton bio pèse environ 3 % de la production mondiale. Et la certification a connu une fraude documentée en Inde en 2021-2022 : environ 20 000 tonnes de coton conventionnel faussement certifiées, des licences de certificateurs retirées par l'Union européenne, la reconnaissance automatique de la certification indienne suspendue par les États-Unis. Nous produisons en Inde. Ne pas le dire ici serait exactement ce que je reproche aux autres.

Ajoutons ceci, qui n'est pas confortable non plus : en France, il est interdit depuis le 1er janvier 2022 d'écrire « biodégradable » ou « respectueux de l'environnement » sur un produit ou son emballage — article L541-9-1 du code de l'environnement, issu de la loi AGEC du 10 février 2020. Sans dérogation, même avec certification. La fibre de coton, elle, se dégrade : c'est établi au sens agronomique. Chez nous, le fil de couture est en coton lui aussi — pas de polyester caché dans les coutures. Reste que les études de biodégradation portent sur des tissus fins de laboratoire, pas sur un tissage dense comme celui d'un tapis. Je n'ai donc ni le droit, ni les données, pour vous promettre quoi que ce soit sur ce format. Je peux seulement vous dire ce qu'il y a dedans.

Un mot sur les couleurs, tant qu'on y est, parce que c'est un endroit où le vocabulaire dérape facilement. Nos couleurs viennent de plantes : l'indigo, le rocou, le vétiver. Mais le coton, tout seul, ne retient pas un colorant végétal. Il faut le préparer — un tanin, puis le plus souvent un sel minéral, l'alun, qui est le plus bénin de toute la palette traditionnelle, loin devant le chrome, l'étain ou le cuivre. L'alun est un minéral, pas une plante. Écrire « teint uniquement avec des plantes » serait donc inexact, et je préfère le dire moi-même. L'indigo fait exception : c'est un colorant de cuve, il se fixe sans aucun sel métallique, par un simple jeu de réduction puis d'oxydation à l'air. Il faut malgré tout ouvrir la cuve, et cela demande un réducteur et un alcali.

Dernière chose sur ce chapitre : une teinture végétale bouge. Elle s'adoucit à la lumière et au frottement, plus vite qu'un colorant de synthèse — le rocou en particulier, dont la molécule est un caroténoïde, photosensible par nature. Votre tapis n'aura pas tout à fait la même couleur dans trois ans. Ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est le comportement de la matière, et il vaut mieux le savoir avant qu'après.

Il n'y a pas de tapis sans impact. Il y a des tapis dont on peut nommer la composition, et des tapis dont on ne le peut pas.


Là où on peut vraiment agir

Après tout ça, une chose ressort — et ce n'est pas celle que j'attendais.

Le facteur le mieux documenté de tout ce dossier n'est pas la matière. C'est la durée d'usage. L'organisme britannique WRAP a établi en 2012 que prolonger de neuf mois la vie active d'un vêtement réduit ses empreintes carbone, eau et déchets de 20 à 30 % chacune. La Fondation Ellen MacArthur rapportait en 2017 que le taux d'utilisation mondial des vêtements avait chuté de 36 % en quinze ans. La France a intégré ce principe dans son outil officiel d'affichage environnemental, sous la forme d'un coefficient de durabilité.

Aucune analyse de cycle de vie n'a jamais été publiée sur un tapis de yoga — ni pour le coton, ni pour le PVC, ni pour le caoutchouc. Personne ne peut donc établir un classement honnête entre les matières. Mais le principe, transposé du textile, tient : un objet gardé longtemps l'emporte le plus souvent sur un objet mieux conçu et remplacé vite.

Et c'est une bonne nouvelle. Parce que c'est le seul levier entièrement entre nos mains, et qu'il ne demande ni technologie ni permission. Choisir un tapis qu'on gardera. Le réparer, le laver, le retourner, le donner. Résister à l'envie de le remplacer parce qu'une nouvelle couleur est sortie — y compris l'une des nôtres.


Cinq questions à poser avant de choisir un tapis

Le nôtre compris.

  1. De quelle fibre ou de quel polymère s'agit-il, précisément ? Si la réponse est un acronyme générique, ce n'est pas une réponse.
  2. Quels additifs entrent dans la composition ? Presque personne ne répond. La question mérite quand même d'être posée.
  3. Quelle certification, et surtout quel niveau ? GOTS « organic » (au moins 95 % de fibres bio) n'est pas GOTS « made with organic » (au moins 70 %). OEKO-TEX classe I n'est pas OEKO-TEX classe IV. Le label seul ne suffit pas.
  4. Combien de temps vais-je le garder ? C'est la question qui pèse le plus lourd, et la seule dont la réponse dépend de vous.
  5. Où va-t-il finir, et qui l'a prévu ? Une marque qui ne sait pas répondre n'y a pas réfléchi.

Retour au geste

Je n'ai pas trouvé de preuve qu'un tapis synthétique nuise à la santé de celui qui pratique dessus. Je ne l'écrirai donc pas.

J'ai trouvé autre chose, et c'est moins vendeur : qu'on ne sait presque jamais de quoi ces objets sont faits, que personne ne sait vraiment où ils finissent, et que les mots rassurants du marché — PER, TPE, recyclé, biodégradable — ne survivent pas à une vérification.

Si vous pratiquez ce matin sur un tapis dont vous ignorez à peu près tout, vous êtes dans le cas de tout le monde. Moi compris, pendant des années. On ne choisit pas mieux avec de la culpabilité. On choisit mieux avec des questions, et il n'est jamais trop tard pour en poser une.

Nous fabriquons, nous transportons, nous teignons, nous emballons : notre impact est réel lui aussi, même avec les choix les plus attentifs. L'enjeu n'est pas de tout arrêter ni de désigner un coupable. Il est de réduire, un cran après l'autre, et de ne pas reproduire les erreurs qu'on est aujourd'hui en mesure de voir.

Une partie du chemin est derrière nous, et il faudra vivre avec. Ce qu'on met dans les objets qu'on fabrique encore, et ce qu'on en fait ensuite, est devant. C'est peu, et c'est déjà beaucoup — surtout pour ceux qui dérouleront un tapis après nous.

Le yoga est une pratique qui consiste, entre autres, à porter attention à ce qui se passe. Ce serait dommage que ce qu'elle apporte bute sur un objet dont on ne sait rien.

Alors non, je ne vous dirai pas que dérouler du coton vous soignera, ni que cela sauvera quoi que ce soit. Je dirai simplement ceci : on sait exactement ce qu'il y a dans un tapis en coton biologique tissé à la main. Il y a du coton — le fil de chaîne, le fil de trame, le fil de couture. Des plantes et un sel d'alun, pour la couleur. Et une fine couche de latex au dos, pour qu'il tienne au sol.

Quatre lignes. Vous venez de lire la liste entière. C'est peu de chose. Sur ce marché, c'est déjà beaucoup.

À choisir, autant dérouler quelque chose dont on connaît le nom. Et le garder longtemps.


Questions fréquentes

Les tapis de yoga en PVC sont-ils toxiques ? Aucune étude publiée ne démontre qu'un tapis synthétique nuise à la santé de celui qui pratique dessus. Depuis le 7 juillet 2020, le règlement REACH limite par ailleurs quatre phtalates (DEHP, DBP, BBP, DIBP) à 0,1 % de la masse du matériau plastifié dans tout article en contact prolongé avec la peau, ce qui inclut un tapis de yoga vendu dans l'Union européenne. Le problème documenté du PVC concerne son cycle de vie — production, exposition des travailleurs, incinération, fin de vie — pas le contact cutané.

Que veut dire « PER » sur un tapis de yoga ? « PER », pour Polymer Environmental Resin, désigne du PVC. Les tests menés par l'Ecology Center en 2019 ont montré qu'un tapis vendu comme « jute biologique et PER » était en réalité une couche de jute posée sur un corps en PVC.

Un tapis « TPE » est-il plus sain qu'un tapis en PVC ? « TPE » (élastomère thermoplastique) ne désigne aucune composition précise : c'est une famille entière de polymères très différents. Le tapis étiqueté « TPE » dans les tests de 2019 était en réalité du copolymère EVA. L'étiquette ne permet donc pas de conclure.

Peut-on recycler un tapis de yoga ? Il n'existe aucune filière de recyclage dédiée aux tapis de yoga, en France comme en Europe, quelle que soit la matière. En France, les tapis relèvent depuis le 31 janvier 2022 de la filière REP « Articles de Sport et de Loisirs » (éco-organisme Ecologic), qui organise leur collecte : déchèteries, reprise en magasin, réseau de l'économie sociale et solidaire. Collecter n'est pas recycler.

Un tapis de yoga en caoutchouc naturel est-il biodégradable ? Pas nécessairement. Le polyisoprène non vulcanisé est biodégradable, mais la vulcanisation change tout : le soufre, les accélérateurs et le noir de carbone inhibent activement l'action microbienne, comme le montre une étude publiée dès 1990 dans le Journal of Applied Polymer Science. La plupart des tapis en latex haut de gamme portent en outre une couche de finition en polyuréthane, ni recyclable ni biodégradable.

Qu'est-ce que la NDMA retrouvée dans un tapis de yoga en 2022 ? La NDMA est une nitrosamine cancérogène. Le Center for Environmental Health a déposé le 14 septembre 2022 une notice au titre de la Proposition 65 californienne après l'avoir détectée à plus de 1 600 fois le seuil journalier de référence dans un tapis en latex. Un accord judiciaire annoncé le 14 mars 2024 a imposé son retrait. Point essentiel : la NDMA est un sous-produit de vulcanisation du latex, donc du caoutchouc naturel — pas du PVC. Elle provient des accélérateurs de vulcanisation et de certains conservateurs, pas du polymère lui-même.

Les microplastiques d'un tapis de yoga sont-ils un problème ? Aucune étude publiée n'a jamais mesuré l'abrasion d'un tapis de yoga. Les inventaires de référence — Eunomia & ICF pour la Commission européenne, UICN à l'échelle mondiale — attribuent environ 63 % des microplastiques primaires à deux sources, le lavage des textiles synthétiques (~35 %) et l'abrasion des pneus (~28 %), et ne font figurer ni les tapis ni les sols souples comme catégorie identifiée.

Peut-on écrire qu'un tapis est « biodégradable » en France ? Non. L'article L541-9-1 du code de l'environnement, issu de la loi AGEC du 10 février 2020, interdit depuis le 1er janvier 2022 de faire figurer les mentions « biodégradable » ou « respectueux de l'environnement » sur un produit ou son emballage. L'interdiction est sans dérogation, y compris pour un produit certifié.

Quel est le critère qui compte le plus pour l'impact d'un tapis ? La durée d'usage, devant le choix de la matière. L'organisme britannique WRAP a établi en 2012 que prolonger de neuf mois la vie active d'un vêtement réduit ses empreintes carbone, eau et déchets de 20 à 30 % chacune. Aucune analyse de cycle de vie n'a jamais été publiée sur un tapis de yoga, aucun classement entre matières n'est donc établi.

De quoi est fait un tapis MAHOLA ? De coton biologique tissé à la main au Tamil Nadu — fil de chaîne, fil de trame et fil de couture en coton — teint avec des plantes fixées selon le procédé traditionnel indien, et recouvert au dos d'une fine couche de latex naturel centrifugé de type HA, appliquée pure au pinceau, représentant moins de 1 % de la masse. Cette couche n'est pas vulcanisée et se recharge par l'utilisateur. Le fil de coton est certifié GOTS.


Note de méthode

Cet article a été écrit à partir des sources primaires listées ci-dessous, consultées entre le 28 août et le 2 octobre 2026 : publications à comité de lecture, textes réglementaires européens et français, données officielles de l'ADEME et des éco-organismes, et documents de certification fournisseur.

Trois principes ont guidé sa rédaction. Chaque chiffre est rattaché à sa source et à sa date. Ce que la littérature n'établit pas est signalé comme tel plutôt que comblé par extrapolation. Et les affirmations concernant les produits MAHOLA sont distinguées selon qu'elles reposent sur un document vérifiable, sur une déclaration de notre atelier, ou sur un raisonnement.

Cet article sera mis à jour si les données évoluent. La date de dernière mise à jour figure en tête de page.


Sources

  • Ecology Center, Healthy Stuff Lab, Yoga Mats Testing 2019, publié le 6 août 2019 (analyses XRF et FTIR sur 11 tapis).
  • ADEME, filière REP Articles de Sport et de Loisirs — données 2024 ; barème éco-contributions Ecologic applicable au 1er janvier 2026 (« Tapis de sol », code ASLDIV23).
  • ADEME, filière REP Pneumatiques — données 2024 ; arrêté du 27 juin 2023, cahier des charges 2024-2028.
  • Refashion, Le recyclage mécanique des textiles, mars 2025 (perturbateurs du recyclage ; volumes fibre-à-fibre européens).
  • Journal of Applied Polymer Science, 1990, 41(5-6) — effet inhibiteur du soufre, des accélérateurs et du noir de carbone sur la biodégradation du caoutchouc vulcanisé ; Gomes de Souza et al., Scientific Reports 9, 2019 — déréticulation microbienne du caoutchouc vulcanisé.
  • Waste tire rubber devulcanization technologies: state-of-the-art, limitations and future perspectives, Waste Management, 2022.
  • ISO 2004, Natural rubber latex concentrate — Centrifuged or creamed, ammonia-preserved types (classification des types HA et LA) ; certificat d'analyse du fournisseur, lot K13, production du 20 août 2026.
  • An Assessment of Biodegradability and Phytotoxicity of Natural Rubber in a Simulated Soil Condition via CO₂ Evolution Measurement, Polymers, 2024, 16(17), 2429.
  • Manduka LiveON / SuperCircle (novembre 2024) ; Lululemon Like New ; TerraCycle Sporting Goods Zero Waste Box.
  • Wagoner JK. Toxicity of vinyl chloride and poly(vinyl chloride): a critical review. Environmental Health Perspectives, 1983;52:61-66.
  • Jo S-H, Lee M-H, Kim K-H, Kumar P. Characterization and flux assessment of airborne phthalates released from polyvinyl chloride consumer goods. Environmental Research, 2018;165:81-90.
  • Règlement (UE) 2018/2005 modifiant l'annexe XVII du règlement REACH, entrée 51 — applicable depuis le 7 juillet 2020.
  • Marfella R. et al. Microplastics and Nanoplastics in Atheromas and Cardiovascular Events. NEJM, 2024;390(10):900-910 — et correspondance critique associée.
  • Pletz M. Ingested microplastics: Do humans eat one credit card per week? Journal of Hazardous Materials Letters, 2022. Critique de l'étude cérébrale : Matters Arising, Nature Medicine, novembre 2025.
  • OMS, Microplastics in Drinking-Water, 2019 ; EFSA, avis scientifique attendu fin 2027.
  • Eunomia & ICF pour la Commission européenne, 2018 (inventaire des microplastiques primaires dans l'UE) ; UICN, Primary Microplastics in the Oceans, 2017.
  • Science of the Total Environment, 2017, « A first overview of textile fibers in indoor and outdoor environments » (composition des fibres de l'air intérieur) ; littérature sur la perte de fibres au lavage des textiles naturels et synthétiques.
  • Center for Environmental Health, notice Proposition 65 n° 2022-02165 (14 septembre 2022), accord judiciaire annoncé le 14 mars 2024, Lululemon USA Inc. ; Office of the Attorney General of Texas, communiqué du 13 avril 2026 (demande d'enquête civile, PFAS).
  • WRAP, Valuing Our Clothes, 2012 ; Ellen MacArthur Foundation, A New Textiles Economy, 2017 ; ADEME, Ecobalyse (coefficient de durabilité).
  • Textile Exchange, Life Cycle Assessment of Organic Cotton Fiber, 2014 ; International Cotton Advisory Committee (données eau et pesticides) ; USDA (juin 2021), Commission européenne (novembre 2021), The New York Times (janvier 2022) sur la fraude à la certification bio en Inde.
  • GOTS version 7.0 (2023) ; OEKO-TEX STANDARD 100, classes de produits I à IV.
  • Code de l'environnement, article L541-9-1 (loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020, en vigueur au 1er janvier 2022).