Le revers polluant du tapis de yoga : l'engagement Mahola pour un yoga durable
Un engouement qui a un coût
Le yoga connaît un essor considérable. Selon la Grande enquête nationale du SNPY (2021), menée avec onze fédérations auprès d'un panel représentatif de mille Français, 10,7 millions de Français avaient pratiqué le yoga au cours des trois années précédentes, dont 7,9 millions de façon régulière — au moins deux fois par mois. En 2010, ils étaient 3 millions.
À l'échelle mondiale, en revanche, aucun recensement fiable n'existe : les estimations qui circulent, souvent « plus de 300 millions de pratiquants », ne reposent sur aucune enquête publiée. Nous préférons le dire plutôt que de recopier un chiffre que personne ne peut vérifier.
Ce qui est certain, c'est que la demande en équipement a suivi. Des millions de tapis sont vendus chaque année, et la quasi-totalité partiront en décharge ou à l'incinération.
Le PVC, première matière du marché
Le tapis est l'objet emblématique de la pratique, et peu de pratiquants s'en passent. La plupart des tapis vendus aujourd'hui sont fabriqués à partir de matières synthétiques dérivées du pétrole. PVC, NBR, TPE : ces acronymes désignent des plastiques qui composent une large part de l'offre.
Selon Grand View Research (2024, données 2023), le PVC représente 38,9 % du chiffre d'affaires mondial du tapis de yoga — la première matière du marché, et de loin la moins chère. Trois cabinets concordent autour de 39 %. Et comme il s'agit d'une part en valeur, la part du PVC en nombre de tapis vendus est certainement bien plus élevée : un tapis en PVC coûte une fraction du prix d'un tapis en caoutchouc ou en coton, donc à chiffre d'affaires égal, il s'en vend beaucoup plus. C'est un raisonnement, pas une mesure — personne ne publie de données en volume.
Ce que disent les données publiques
Production. Le PVC est le troisième plastique le plus produit au monde. Les États-Unis en produisent environ 10 millions de tonnes par an, avec une projection à 16 millions en 2050 (George Mason University, 2022) ; l'Union européenne environ 6 millions (Eurostat, 2019). Il n'existe pas de statistique mondiale fiable.
Climat. Selon une étude du Center for Energy Science and Policy de George Mason University (2022), les installations de la chaîne de production du PVC aux États-Unis ont émis environ 18 millions de tonnes de CO₂ en 2020 — et ces émissions pourraient être réduites de 90 % d'ici 2050 avec des technologies déjà proches de la maturité.
Déchets. Selon l'OCDE (Global Plastics Outlook, 2022, données 2019), le PVC a représenté 21,2 millions de tonnes sur les 353 millions de tonnes de déchets plastiques produits dans le monde, soit 6 %. L'OCDE précise que cette part sous-estime le poids réel du PVC : ses usages dominants ont une durée de vie longue, de sorte qu'une partie du PVC produit n'est pas encore devenue déchet. Un tapis de yoga, lui, est un PVC à vie courte.
Recyclage. En Europe, VinylPlus — l'engagement volontaire de l'industrie européenne du PVC — a recyclé 765 972 tonnes de PVC en 2025. Mais 59 % de ce volume sont des chutes de production industrielle. Rapporté aux seuls déchets d'après consommation, ceux que nous produisons en jetant un objet, le taux de recyclage européen tombe à environ 25 % (VinylPlus, Progress Report 2025). En Amérique du Nord, le Vinyl Sustainability Council affiche 27 % en combinant les deux flux. Ces deux chiffres viennent de l'industrie du PVC elle-même : ce sont donc plutôt des majorants.
Un chiffre dit tout : le Vinyl Sustainability Council s'était fixé 160 millions de livres de PVC d'après consommation recyclées en 2025. Résultat 2024 : 71,3 millions — objectif manqué de 58 %, et en recul (Vinyl Institute, avril 2026). C'est l'industrie qui note sa propre copie, et qui se met un échec.
Rejets. Selon l'analyse par Toxic-Free Future des déclarations faites à l'inventaire des rejets toxiques de l'agence environnementale américaine (EPA Toxics Release Inventory, données 2021), les usines américaines de chlorure de vinyle et de PVC ont envoyé plus de 20 millions de livres — environ 9 000 tonnes — de déchets chlorés à l'incinération dans trois États, et rejeté plus de 400 000 livres de chlorure de vinyle dans l'air.
Le vrai problème : la fin de vie
Un tapis de yoga en PVC n'est recyclé nulle part : il n'existe aucune filière qui le prenne en charge. Le PVC en général se recycle — tuyaux, menuiseries, profilés — mais pas sous cette forme. Les centres de tri sont dimensionnés pour les plastiques rigides d'emballage, et une matière souple de grand format s'enroule dans les rotors.
Il faut être honnête : cela ne vaut pas que pour le PVC. Il n'existe aucune filière de recyclage dédiée aux tapis de yoga, quelle que soit la matière. Le coton n'y échappe pas.
Certains fabricants apposent des allégations « PVC écologique » ou « PVC non toxique ». De sa fabrication à sa fin de vie, le PVC reste un matériau à fort impact : ces formules relèvent du greenwashing.
Notre choix, et ses limites
Face à cela, MAHOLA est née de la conviction qu'une autre voie est possible. « Le yoga ne doit pas être un énième produit de consommation, vidé de son sens », affirme l'un des fondateurs. Créée en 2024 par une équipe franco-indienne, la marque s'est donnée pour mission de réconcilier la pratique du yoga avec le respect de la planète.
Concrètement :
- Matières naturelles. Nos tapis sont tissés en coton biologique certifié GOTS, teints aux plantes, fixés selon le procédé traditionnel indien. Sans PVC, sans mousse synthétique, sans enduction plastique. Au dos, une fine couche de latex naturel — moins de 1 % de la masse — empêche le tapis de glisser ; elle s'use et se recharge.
- Fabrication artisanale. Chaque tapis est fabriqué à la main en Inde par des artisans formés aux techniques traditionnelles de tissage, dans des conditions de travail dignes et avec une rémunération équitable.
- Emballage. Sans plastique, jusqu'au ruban adhésif lorsque c'est possible.
- Reforestation. Une partie de nos revenus est reversée à des projets de restauration d'habitats naturels et de protection de la biodiversité.
Nous ne prétendons pas être sans impact. Nous cultivons du coton, nous teignons, nous transportons depuis l'Inde, nous emballons. L'enjeu n'est pas de prétendre à la neutralité, mais de réduire ce qui peut l'être et de dire ce qui ne l'est pas.
Un yoga plus responsable
Personne n'est parfait, et nous vivons tous avec nos contradictions. Mais chaque choix compte. En optant pour un équipement conçu de manière durable, vous encouragez toute une industrie à évoluer.
Si vous voulez le détail — la composition exacte des matières du marché, la réglementation européenne applicable, et ce que devient réellement un tapis en fin de vie — nous avons publié une enquête complète et sourcée : Ce que votre tapis ne vous dit pas.


