Pourquoi choisir un tapis de yoga en coton : fertilité et santé, ce que disent vraiment les études
Le yoga est une pratique précieuse pour le corps et l'esprit. Et comme pour tout objet avec lequel on passe du temps en contact, il est légitime de se demander de quoi est fait le tapis sur lequel on pratique.
Cette question revient souvent chez nos clients, et elle est généralement posée sous l'angle de la santé. Nous allons y répondre — mais pas de la manière dont on s'y attend.
Ce que dit la recherche sur les retardateurs de flamme
Certains matériaux d'équipement domestique contiennent des retardateurs de flamme organophosphorés, désignés par le sigle PFR. On les trouve dans les mousses de rembourrage, les meubles, les sièges de voiture, et dans certains articles de sport.
Une étude publiée en 2017 dans Environmental Health Perspectives, menée auprès de 211 femmes suivies en fécondation in vitro, a observé que celles dont les concentrations urinaires de DPHP et d'ip-PPP étaient les plus élevées présentaient des taux d'implantation embryonnaire inférieurs de 31 % et de grossesse clinique inférieurs de 41 %, comparées à celles dont les niveaux étaient les plus bas.
Ces résultats sont sérieux et méritent d'être connus. Mais il faut dire aussi, et avec la même netteté, ce qu'ils n'établissent pas.
Cette étude n'a mesuré l'exposition d'aucun produit en particulier. Elle a dosé des métabolites dans l'urine, sans identifier d'où ils venaient. Aucun tapis de yoga n'a été analysé. Elle portait sur une population spécifique, des femmes en parcours de FIV, et observait des associations — pas des causalités. Et une autre publication de la même revue souligne que les PFR sont à ce point présents dans l'air intérieur que supprimer une source unique ne modifierait sans doute guère l'exposition totale d'une personne.
Notre position, et pourquoi elle est modeste
Faut-il choisir le coton pour des raisons de santé ? Honnêtement, nous n'en savons rien, et personne n'en sait rien. La littérature qui relie les phtalates à la fertilité existe, mais c'est une littérature d'associations épidémiologiques : elle n'établit pas de causalité, elle n'identifie aucune source d'exposition précise, et aucune étude n'a jamais porté sur les tapis de yoga. Dans l'autre sens non plus : personne n'a démontré qu'un tapis synthétique était inoffensif. Nous ne construirons pas un argument de vente sur une incertitude. Ce que nous pouvons dire est plus modeste, et vérifiable : on sait ce qu'il y a dans un tapis en coton, et on ne sait presque jamais ce qu'il y a dans les autres.
Ce qu'on peut dire d'un tapis en coton
Sans promesse de santé, il reste des choses concrètes à dire.
On peut en nommer les composants. Un tapis MAHOLA, c'est du coton biologique certifié GOTS — fil de chaîne, fil de trame et fil de couture — teint aux plantes, fixé selon le procédé traditionnel indien, et une fine couche de latex naturel au dos, qui représente moins de 1 % de la masse et sert uniquement à empêcher le tapis de glisser. La liste tient en trois lignes. Pour la plupart des tapis du marché, elle n'existe pas : les tests menés en 2019 par l'Ecology Center sur onze tapis ont montré que trois étaient en PVC et qu'un seul l'indiquait, et qu'aucun des onze ne listait les additifs de son polymère.
Il se lave, et il vieillit. Le coton se lave en machine, ce qui n'est pas le cas d'un tapis en mousse. Les couleurs végétales évoluent avec le temps et la lumière : ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est le comportement de la matière, et il vaut mieux le savoir avant.
Il travaille avec l'humidité. Un tapis en coton tissé n'accroche pas à sec comme un caoutchouc. C'est un choix de pratique, pas une supériorité technique.
Sa fin de vie est plus simple. Une fibre cellulosique et un polymère de synthèse ne se dégradent pas de la même manière. C'est une différence de nature, pas un classement environnemental global — celui-ci dépendrait aussi de la culture de la fibre, du transport et de la durée d'usage.
Le critère qui pèse le plus lourd
Si nous ne devions retenir qu'un seul conseil, ce ne serait pas celui-là.
Le facteur le mieux documenté de l'impact d'un textile n'est pas sa matière, c'est sa durée d'usage. L'organisme britannique WRAP a établi en 2012 que prolonger de neuf mois la vie active d'un vêtement réduit ses empreintes carbone, eau et déchets de 20 à 30 % chacune. Aucune analyse de cycle de vie n'a jamais été publiée sur un tapis de yoga, donc aucun classement entre matières n'est établi. Mais le principe, transposé du textile, tient : un objet gardé longtemps l'emporte le plus souvent sur un objet mieux conçu et remplacé vite.
Choisissez un tapis que vous garderez. C'est le seul levier qui soit entièrement entre vos mains.
Pour aller plus loin
Nous avons publié une enquête complète sur la composition réelle des tapis de yoga, les étiquettes trompeuses du marché, la réglementation européenne applicable et la fin de vie des différents matériaux — y compris ce que nous ne pouvons pas prouver sur les nôtres : Ce que votre tapis ne vous dit pas.
Et si vous cherchez simplement le tapis qui vous convient, notre guide d'achat vous aidera à choisir l'épaisseur et la texture selon votre pratique.


